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par Dane Hamilton
NEW YORK (Reuters) - L'investisseur milliardaire Carl Icahn a relancé jeudi les spéculations sur un
rachat de Yahoo par Microsoft en annonçant son intention de renverser le conseil d'administration de
Yahoo, qu'il accuse d'avoir agi de façon "irrationnelle" en refusant l'offre de 47,5 milliards de dollars
de l'éditeur de logiciels.
Dans une lettre adressée au président du moteur de recherche Roy Bostock, Icahn précise détenir au
total 59 millions d'actions et d'options Yahoo, soit environ 4,3% du capital, et avoir dressé une liste de
dix candidats au conseil d'administration de Yahoo en vue de l'assemblée générale prévue le 3 juillet.
Il espère alors faire élire ces administrateurs, qui appuieraient l'offre de Microsoft.
Dans sa lettre, il estime que le conseil sortant "a perdu la confiance des actionnaires et de Microsoft".
"Il est évident que l'offre de Microsoft à 33 dollars par action constitue une alternative supérieure aux
perspectives d'un Yahoo indépendant", ajoute-t-il.
En dépit de ce ton cinglant, Icahn ne ferme pas la porte à un compromis et enjoint Yahoo d'agir
"rapidement pour négocier une fusion avec Microsoft", afin d'éviter un conflit juridique long et coûteux.
Icahn a reçu le soutien du fonds d'investissement Paulson & Co, qui a dit espérer pouvoir éviter une
démarche hostile pour obtenir une reprise des discussions entre Yahoo et Microsoft.
Selon des sources proches du dossier, Paulson & Co a acquis environ 50 millions d'actions Yahoo ces
derniers mois, soit 3,4% du capital.
UN ACCORD NÉGOCIÉ TOUJOURS POSSIBLE
"Nous avons été déçus de voir Yahoo incapable de parvenir à un accord avec Microsoft", a dit Paulson
dans un communiqué. "Nous continuons de penser qu'un rapprochement entre Yahoo et Microsoft
créerait une entreprise dynamique et un concurrent plus fort face à Google."
"Nous avons l'intention de soutenir Icahn mais nous espérons sincèrement que Yahoo va négocier un
accord avec Microsoft", a-t-il ajouté.
Yahoo n'a mis que quelques heures à répondre à Icahn. Tout en déclarant que sa lettre traduit "une
mauvaise compréhension" du dossier, le groupe réaffirme rester "disposé à envisager toute proposition
émanant de toute partie, Microsoft inclus".
Il ajoute que son conseil d'administration continue d'explorer des alternatives stratégiques.
Microsoft a retiré son offre il y a deux semaines après trois mois de discussions.
Alors que le groupe fondé par Bill Gates avait porté son prix à 33 dollars par action, le patron de
Yahoo, Jerry Yang, réclamait quatre dollars de plus par titre.
L'action Yahoo, qui évoluait autour de 19 dollars avant l'offre de Microsoft fin janvier, a fini jeudi à
27,75 dollars, en hausse de 2,25%. Microsoft a pris 1,74% à 30,45 dollars.
Pour certains analystes, il est raisonnable d'espérer une reprise des discussions entre les deux
groupes, les motivations stratégiques du projet n'ayant pas changé depuis deux semaines.
"Microsoft reste probablement intéressé car, de notre point de vue, il a besoin de Yahoo pour lutter
contre Google", soulignent les analystes d'UBS dans une note à leurs clients. "Nous continuons de penser
qu'un accord peut être conclu dans une fourchette de 34 à 35 dollars."
YANG SOUS PRESSION
Pour Jeffrey Lindsay, analyste de Sanford C. Bernstein, les actionnaires de Yahoo sont désormais en
position de force.
"Soit l'équipe dirigeante actuelle de Yahoo propose une alternative - la plus probable serait un accord
avec Google dans la recherche sponsorisée - soit le conseil proposé par Icahn est élu et rouvre les
négociations pour vendre la société à Microsoft."
Selon deux sources proches des discussions, Yahoo et Google discutent toujours en vue d'un accord
dans le domaine des recherches sur internet liées à des publicités, mais aucune annonce n'est imminente.
La liste de Carl Icahn comprend lui-même, Frank Biondi, ancien patron de Viacom et Keith Meister,
vice-président d'Icahn Enterprises.
Mark Cuban, le propriétaire de l'équipe de basket des Dallas Mavericks et cofondateur du réseau
câblé HDNet y figure également. Mark Cuban connaît la façon de négocier de Yahoo. Il lui a vendu
Broadcast.com en 1999 pour cinq milliards de dollars.
Parmi les autres candidats au conseil d'administration figurent Lucian Bebchuk, professeur de droit,
d'économie et de finance à Harvard et Robert Shaye, ex-co-patron de New Line Cinema du groupe Time
Warner.
Kenneth Li, version française Danielle Rouquié
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